Pourquoi l’empowerment n’est pas qu’une question féministe?

Il y a quelques mois, nous avons décidé de nous lancer dans la grande aventure de la réalisation « concrète » de projet, intimement persuadées que nos idées, notre énergie, nos convictions et notre amour des gens avaient une place sur la scène parisienne. Alors nous avons créé une association promouvant ce que nous savons faire de mieux: le développement personnel, à travers le partage, l’identification, l’apprentissage, les arts et les autres, parce qu’en chacun de nous se trouve un héros.

On ne l’a pas fait exprès mais il se trouve que les membres de notre Maison sont toutes des femmes. Des femmes investies, indépendantes et convaincues qu’en chacun de nous réside une bombe nucléaire ne demandant qu’à exploser. Au départ, la création de The Empowerment House avait pour mission d’aider nos comparses féminines à se découvrir, à se dépasser sans avoir peur, sans gêne ni honte, sans crainte ni superstition, et ce, en leur donnant les moyens de faire ce qu’elles souhaitent, et de se battre, sans abandonner, sans baisser les bras, sans renoncer. En effet, nous avons fait le grave constat que beaucoup de femmes parmi nos connaissances, nos amies ou notre famille n’osaient pas se réaliser, n’osaient pas rêver et n’osaient pas s’affirmer. En ne s’autorisant pas à être, elles cultivent donc le terreau sur lequel pousseront des sentiments de dévalorisation, d’infériorité et d’inégalité. Alors voilà, réflexion faite, on pensait que les femmes méritaient des structures pour elles-seules dans lesquelles elles puissent se retrouver, se sentir à l’aise, libres et soutenues. Et là était notre erreur.

Quand il s’agit de chercher une définition simple et claire de l’Empowerment, il est dit que c’est « un processus de transfert des connaissances visant à développer un potentiel jusqu’à présent caché ou ignoré chez un individu ou groupe d’individu ». Extirper cette force latente passe d’abord par un effort individuel visant à chercher le dépassement de soi, la motivation, la force mentale, l’information, la créativité, les valeurs communes, la coopération, la participation et le dialogue. Et c’est par la force de sa dynamique qu’elle deviendra communautaire puis globale.

C’est alors qu’on a compris qu’il était contre-productif de nous restreindre à une communauté unique. Ce n’est pas le fait d’être femme qui conduit à la résignation, à la renonciation et à la passivité. Il suffit d’aller dehors ou de parler à ses amis pour se rendre compte du volume de gens perdus, qui ne savent pas ce qu’ils veulent ou à quoi ils rêvent, qui vont sans but ou qui se fourvoient dans une vie qui n’est pas la leur. Et c’est encore moins la création d’une prison d’émancipation gardée par un vigile chargé de vérifier votre sexe qui permettra la transmission de valeurs d’ouverture, de diversité et d’affranchissement.

Le travail titanesque d‘associations a donné ses lettres de noblesse à l’empowerment auprès de minorités comme les Femmes, les Homosexuels, les Noirs ou les Chrétiens. Mais regrouper les gens en communautés pour les faire évoluer dans un cercle fermé nous semble aujourd’hui dépassé. L’empowerment ne doit plus être une affaire de communautés mais de société, et ce n’est qu’en créant des structures de partage, d’échange et de diversité où peuvent se rencontrer une multiplicité de personnalités, de parcours, d’âges et d’origines que pourra se réduire la fracture sociale dont nous nous inquiétons tant.

The Empowerment House est née d’un constat simple : nous sommes tous remplis de qualités ordinaires que nous transformons, au contact de l’autre, en matière extraordinaire. Voilà pourquoi les Hommes, les Femmes, les jeunes, les vieux, les bodybuildés et les joueurs d’échec sont les bienvenus dans cette belle « communauté » qui ne doit être rien d’autre que celle du monde et de ses humains.

Vaste chantier me direz-vous! A chaque empire sa première pierre….